J’ai un Siret, je suis riche

2011 : j’obtiens mon numéro Siret. Vous l’avez compris, je viens de devenir chef d’entreprise. Une insulte en gros dans notre beau pays. Quelques jours plus tard, je recevais déjà les courriers de mes nouveaux amis, m’expliquant que je devais payer, signer, montrer pattes blanches ou plutôt donner libre accès à mon compte bancaire fraîchement ouvert ! Que nenni, mon RIB, il est à moi et rien qu’à moi.

Suivent 24 mois classiques d’une nouvelle société : développement du chiffre d’affaires, prospection clientèle, et les appels de cotisation ne tardent pas.

Mince, je suis papa

2013, une catastrophe intervient. Vous rendez-vous compte, je viens de devenir papa ! Ce petit bonhomme qui vient de naître ne sait pas à quel point il va changer ma vie, et m’ouvrir les yeux sur le fonctionnement de nos institutions. Et oui parce que entre payer une nounou 1200€/mois ou m’occuper moi-même de mon fiston, le choix a été vite fait : je mets mon activité au ralenti le temps qu’il grandisse un peu et qu’on arrive à lui trouver une place en crèche.

Vous devez vous dire que je suis fou : « il annonce la naissance de son fils comme une catastrophe, et puis surtout on ne voit pas où il veut en venir ».

Et bien c’est simple : le RSI n’a rien voulu entendre du ralentissement de mon activité, et à continué à me faire des appels de cotisations importants (revenus des années précédentes) alors que mes revenus avaient fortement chuté, et ma femme ne s’appelle Crésus (ça tombe bien à quelque part, ce ne serait pas ma femme sinon). Vous connaissez la chanson, vous gagnez 100, on vous demande 500. Et puisque nous ne pouvez pas les sortir, et bien on vous rajoute 200 de pénalités. C’est vrai que c’est bien arrangeant comme principe.

Je dis NON ! Le moindre euro a pour but le bien être de mon bonhomme et certainement pas celui des mutuelles françaises.

Le bal des rappels amiables / mises en demeure / contraintes

Le RSI est très compréhensif puisqu‘il me propose de tout payer, majorations, pénalités et tutti quanti pour me rembourser par la suite les frais si je me mets à leur genoux pour leur demander pardon. Non, pas de ça chez moi. Alors je leur demande simplement un échelonnement. Il acceptent mais tenez-vous bien, à une seule condition : que je leur retourne mon autorisation de prélèvement complétée et signée ! Souvenez-vous au début de cet article, je l’ai dit : « Que nenni, mon RIB, il est à moi et rien qu’à moi. ». Je refuse et je leur envoie le chèque pour la 1ere mensualité, qu’ils encaissent le jour de réception de mon courrier.

Mon facteur, c’est Daft Punk

Noël passe, intérieurement soulagé que le RSI – très soucieux du bien être des entrepreneurs – ait accepté mon échelonnement lorsque tout à coup, un matin froid de début de janvier, on sonne à la porte… Je regarde à travers l’oeillet de la porte et là je vois un mec qui a son casque de moto sur la tête, une enveloppe à la main. Sur le coup je pensais que c’était Daft Punk qui venait remettre une invitation ! Que nenni, c’est un facteur haut de gamme qui m’apporte un courrier et qui part aussitôt l’enveloppe entre mes mains.

Un compte qui ne peut pas être plus vide que vide

La nouvelle que vient de m’apporter Daft Punk est triste : non seulement le RSI a relancé la procédure sans me prévenir , et donc la saisie a eue lieu, mais il me démontre en plus qu’il est con le Mr RSI. Je n’ai pas d’argent sur mes comptes, et il fait une saisie dessus ! Et bien Daft Punk est reparti bredouille de la banque, nah !

Et oui, moi je crois ce qu’on me dit, donc l’huissier n’ayant pu saisir, il me laisse un délai d’un mois pour que son racket puisse se dérouler sans problème, le cas échéant je serai écartelé sur la place publique. Allez hop, c’est finalement auprès de l’huissier que je commence un paiement échelonné.

Google m’a sorti de là ! I’m free

A peine l’échelonnement mis en place, je recevais déjà des mises en demeure pour de nouvelles cotisations. Ne souhaitant pas en arriver au suicide, et comptant bien au contraire profiter de ma petite famille, j’ai dit « OK Google, trouve moi une solution ». Il m’a alors proposé QLSS, le blog de Laurent C, etc.

La suite est bien plus simple : échelonnement bloqué auprès de l’huissier, je suis assuré chez nos amis british, et mon ptit boy a même eu sa place en crèche. La routourne tourne comme dirait l’autre.

Ca fait maintenant 6 mois que je suis libéré, et que je vis pleinement ma vie de papa, mari et entrepreneur.

4 COMMENTAIRES

  1. Bonjour Bastien, merci de votre commentaire.
    La compta n’est pas ma spécialité non plus mais je vous rejoins totalement sur le calcul, et tout chef d’entreprise se doit de prendre en compte ce décalage.
    Effectivement, dans mon article, j’ai survolé les faits, sinon j’en écrirais un livre. Ce que je reprochais au RSI avant de les quitter, c’est justement de ne pas prendre en compte mes demandes d’échelonnement en temps et en heure dû à une forte baisse d’activité. C’est en me retrouvant de plus en plus en panique face à des appels de cotisation que je ne pouvais honorer, avec en plus des montants qui devenaient erronés (nous ne parlons plus des n-1, mais bel et bien de sommes incompréhensibles) que je me suis intéressé au phénomène RSI :

    – comme le TGI de Nice vient de le noter, le RSI n’a pas qualité à agir en ce sens qu’il n’est pas enregistré au registre des mutuelles contrairement à ce qu’impose le code de la sécurité sociale
    – mieux encore, le règlement européen permet aux citoyens de s’assurer pour la santé là ils le souhaitent, partout en Europe. La Sécu française défend qu’elle a le droit d’imposer son régime. Effectivement, c’est ce que le règlement européen prévoit à condition que ce soit un régime LEGAL : même taux de cotis pour tous, mêmes prestations pour tous. A vous qui êtes aussi entrepreneur, inutile d’entrer dans le détails concernant notre protection sociale…

    Je pourrais en parler des heures mais n’hésitez pas à consulter en profondeur ce site, tout y est expliqué.

  2. Bonsoir,

    je précise que je suis freelance, en EURL, que je n’apprécie pas plus le RSI que vous. Mais ce qui est dit n’est pas tout à fait vrai, du moins de mon point de vue.

    Si une année, disons X, vous faites 100k€ de CA et vous vous payez 3000€ par mois net alors que l’année X-1 vous aviez gagné moins, les cotisations de l’année X étant basé sur l’année X-1, vous payerez moins de cotisations sociales que vous ne devriez. Du coup, vous savez que vous devez provisionner ces cotisations sur votre trésorerie pour les payer l’année X+1. C’est normal, elles sont dues.

    Cette provision vous permettra justement de pouvoir les payer l’année suivante même si vous ralentissez votre activité. C’est comme ça que fonctionne toutes les entreprises. C’est pareil pour les impôts.

    Le seul moment où ce que je viens de dire n’est pas vrai est au démarrage de l’activité quand vous êtes au forfait pour les cotisations. Si vous gagnez 0 euros de revenus, on en demandera quand même. J’y suis passé et le RSI m’a ensuite remboursé un an après le trop versé.

    Si je me trompe, n’hésitez pas à me reprendre. La comptabilité n’est pas mon métier !

    Donc je suis tout à fait d’accord de tous les dysfonctionnements, que le RSi a des méthodes lamentables de recouvrement, que la discussion est parfois très difficile avec eux. J’en fais aussi les frais.

    Mais pour défendre un point de vue, il est bon de le faire avec des arguments objectifs. Je ne trouve pas que ça soit complètement le cas ici.

  3. Josick, tu as parfaitement résumé : « * se mettre à son compte… C’était en France une douce illusion car l’on se mettait surtout au compte de ces organismes dignes d’une mentalité de pasteur-ceuilleur, c’est à dire prélevant sans tenir compte du contexte, attitude qui est source de désordre. » !

  4. Félicitations et merci encore pour ce témoignage.
    Je vais soulever deux points :
    * Se servir directement sur nos comptes bancaires…. En France le respect de respect de la propriété privé est une douce illusion. Je confirme la possibilité de prélévement directement sur le compte bancaire. Une lettre est adressée pour dire qu’ils sont en train de le faire. Mais quand à l’arrivée, il constate qu’il n’y a pas de compte bancaire, ils sont coins. Dans le cas que je soulève, le paiement ne se faisait pas car j’étais en attente d’une réponse de leur part suite à l’envoie de pièces qu’ils m’avaient demandés. Ces gens sont sans aucune éducation (la faillite de l’Education nazionale est totale) car on échangeait, interruption sans motif de leur part et tentative de saisie directement sur un compte bancaire, lequel n’existait pas. Quand au trop payé… c’est le refus de rembourser au motif que le compte bancaire n’est pas au nom de celui qui a trop payé (par contre au moment encaisser, même situation mais ils n’ont pas fait là de difficulté).
    * se mettre à son compte… C’était en France une douce illusion car l’on se mettait surtout au compte de ces organismes dignes d’une mentalité de pasteur-ceuilleur, c’est à dire prélevant sans tenir compte du contexte, attitude qui est source de désordre. Ces organismes totalitaires, contrairement à la haute opinion qu’ils ont d’eux-même, ne sont que facteur de désordre. Ils ont par ailleurs aucun respect pour la parole de l’individu… Entretenir de telles structures, ne seraient-ce que par nos cotisations obligatoires, ne peut être que destructeur du dynamisme de notre existence même. Il est vital de stopper d’entretenir leur totalitarisme qui étouffe tout.

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