Vu de France est allé à la rencontre de Laurent C, pour échanger dans cette interview de 50 minutes sur les raisons qui l’ont poussé à quitter la sécurité sociale, la retraite.

Sont aussi évoqués le Mouvement des Libérés, l’effet réseau, les relations avec les médias, et la vie de tous les jours d’un libéré…

Le déficit de la Sécurité Sociale, pourtant déjà abyssal, ne cesse de s’accroître, au même titre que les cotisations des usagers, mais contrairement aux prestations qui leur sont fournies en échange, qui, pour leur part, se réduisent chaque année, au motif de « boucher le trou de la Sécu ».

3 COMMENTAIRES

  1. Merci Laurent de ce témoignage, ça fait chaud au cœur de voir dans ce pays qu’il existe quand même des gens conscients de l’aspect liberticide et médiocre du système de santé français.
    Je suis moi-même acteur de ce système de santé puisque je suis chirurgien-dentiste et je souffre réellement de ce système, à la fois en tant qu’assuré mais aussi en tant que professionnel de santé.

    En tant qu’assuré comme tu l’as si bien expliqué, je cotise non pas en fonction d’un risque mais en fonction de mes revenus, ce que je trouve absolument injuste, pour une couverture minable. Mais plus que tout, c’est le manque de liberté que j’ai le plus de mal à supporter ; dans ce pays je n’ai pas l’impression d’être un adulte responsable mais un enfant à qui l’état dicte ses choix, jusque dans son assurance santé car il croit savoir mieux que moi ce qui est bon pour moi. Qu’il pousse encore un peu et il décidera de la couleur des murs de mes toilettes à ma place…

    En tant que chirurgien-dentiste, le manque de liberté sur les honoraires (secteur conventionné) ne nous permets pas d’effectuer les soins selon les dernières données acquises de la science. Il faut choisir entre qualité et rentabilité : c’est à dire que soit je décide de faire des soins de qualité, selon les standards de 2014 et dans ce cas là, je suis déficitaire et je ferme le cabinet dans les 3 mois (les honoraires datent de 1980, mais le niveau des charges/fournisseurs/salaires/impôts est bien celui de 2014), soit je décide d’être rentable afin de faire vivre le cabinet et de dégager un salaire et la qualité des soins réalisés est alors à des années lumières de ce qu’il se fait dans tous les autres pays occidentaux. Je parle ici des soins conventionnés (détartrage, obturations de caries, traitements canalaires et extractions). La prothèse, la parodontologie, l’implantologie sont à honoraires libres et nous permettent de concilier qualité et rentabilité. Seulement, là encore l’état trouve encore à redire et nous prend comme bouc-émissaires (nous serions responsables des difficultés économiques de la France, avec les médecins, notaires etc…) et nous traite de nantis ce qui ternis notre image, alors que les honoraires de prothèse ne sont pas plus élevés que dans des pays de niveau de vie équivalent (bien sûr, si on compare avec la Roumanie, il y une différence de prix, cependant je pratiquerai volontiers leurs tarifs en prothèse si je payais les salaires/charges/impôts roumains. D’autre part les tarifs des soins opposables en Roumanie sont 3 à 4 fois plus élevés qu’en France ; d’ailleurs là c’est bizarre, personne ne nous demande de nous aligner sur les tarifs roumains…).

    Par conséquent, comme beaucoup de confrères dentistes et médecins, j’ai décidé de m’expatrier dans un pays où je retrouverai ma liberté en tant qu’individu et où en tant que professionnel de santé je pourrai prodiguer des soins de qualité ET gagner honnêtement ma vie sans que ceci ne soit vu comme une tare. J’estime que le problème de la France dépasse grandement celui du monopole de la Sécurité Sociale et est un problème idéologique avant tout : la réussite est mal vue, les gens ne veulent pas de la justice, ils veulent de l’égalitarisme, ce qui est très différent : l’égalitarisme c’est que chaque individu doit être logé au même niveau, indépendamment des efforts, des études, des sacrifices qu’il a pu faire et des risques qu’il a pu prendre. Mais dans le monde d’aujourd’hui, ouvert comme il l’est, une société comme celle-ci est condamnée car elle ne peut pas lutter contre des pays proposant des conditions de vie autrement plus attractives pour les gens qui espèrent élever leur niveau de vie par le travail et les efforts. Elle est condamnée à voir partir ses forces vives, qui, humiliées et exaspérées, partent en quête d’une vie meilleure.

    Alors, merci encore, mais en ce qui me concerne, je ne veux pas seulement quitter la Sécu mais quitter la France.

    T4XUS

  2. Excellente vidéo ! Les questions sont très pertinentes et les réponses apportées confirment ce que je pressens jour après jour : nous sommes dans un pays qui supprime une à une les libertés fondamentales.

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