A monopole, monopole et demi !!!

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    Conférence à Percy organisée par les agriculteurs producteurs de lait.

    Nous nous rendons Jean-Nicolas Boullenois et moi à la rencontre de Yannik et de Arnaud, à l’origine de l’organisation de la conférence du Lundi 1 Février à la salle des fetes de Percy à 21h30.

    Les caméras de France 2 suivent Yannick. Une page entière dans le Figaro décrit la situation dans laquelle se trouvent les petits producteurs de lait. 3 agriculteurs témoignent dans le quotidien, dont Yannick.

    Thierry Borne est venu soutenir tout le monde, il a fait 6 heures de train, pour la cause.

    La conférence commence devant 200 agriculteurs, nous nous mettons debout pour honorer la mémoire de 2 agriculteurs qui viennent de se suicider dans les 48 heures qui viennent de s’écouler.

    Yannick introduit le sujet sur les manifestations organisées par le syndicat majoritaire FNSEA, et donne son sentiment qu’il faut faire autrement et obliger les politiques à voter une loi qui empeche les industriels laitiers à acheter en dessous des couts de production de l’agriculteur.

    En effet les couts de production de Yannick sont de l’ordre de 330 euros les 1000 litres, l’industriel qui passe lui prendre toute sa production l’achète en fonction du cours, ces jours ci, c’est 280 euros… donc à perte.

    C’est une exception, la vente à perte est autorisée chez les producteurs de lait.

    JNB et moi prenons ensuite la parole pour parler de la MSA. Puis c’est au tour de thierry borne d’élargir le débat sur l’ensemble des problèmes de la société qui travaille.

    Nous ne rencontrons que peu d’echos. En effet tous les producteurs de lait de la région ont contractualisé l’achat de leur production à l’industriel laitier. 100 % par contrat chez le même industriel. Il n’y a pas de concurrence. Certes cela leur évite la paperasse, certes cela leur évite que le lait ne soit pas acheté, mais en cas de chutes des prix c’est la catastrophe.

    Les bilans sont très maigres, pour produire son quotas laitier, l’agriculteur investit beaucoup, et recoit un peu de subvention. Pour equilibrer les interets d’emprunts viennent en ammortissement. Les bilans sont à Zéro, les 90 % des agriculteurs payent le minimum de MSA. Bien sur ils n’auront pas de retraite.

    Que se passe-t-il alors en periode de vente à perte ? La dette s’accumule, et des plans de restructurations bancaires sont mis en place. Certains en sont à 3 restructurations successives, on étale en ré-empruntant…jusqu’à la retraite qui sera maigre.

    La filière compte 60 000 producteurs laitiers, ce chiffre devra atteindre les 30 000 d’ici quelques années. Que vaudront les exploitations alors, les salles de traites payées, les hectares de terres, les batiments, les tracteurs ? Plus rien.

    Imaginez-vous arriver à la retraite avec un systeme qui vous oblige à vous SUR-endetter toujours et encore jusqu’à la fin ??? pour en arriver à avoir payer un outil qui ne vaut plus rien ? JE CONNAIS DES BANQUES QUI SE FROTTENT LES MAINS… ET VOUS VOYEZ DE QUI JE PARLE.

    Vous l’avez compris le problème n’est pas les charges sociales. Vous l’avez compris les problemes NE SONT PLUS les charges sociales. En effet en signant le contrat avec un seul industriel ramasseur de lait, la messe était deja dite. Ils sont coincés dans un marché qu’ils ne peuvent plus maitriser, puisque c’est eux qui investissent, et qui travaillent à perte, alors que l’industriel, lui, achète au prix du cours (et peut stocker sous forme de poudre pour attendre la remontée des cours) et peut meme s’assurer contre la chute des cours. Pas le petit agriculteur…

    Lui ne peut plus rien faire. IL est VICTIME D’UN MONOPOLE qu’il a signé ET CREVERA LA GUEULE OUVERTE… COMME chez MONSANTO…

    La poudrière pourra s’allumer dans les jours qui viennent, j’ai bien peur que leurs énergies ne remplissent plus une seule cartouche tellement l’énergie du désespoir transpire dans cette assemblée, pourtant remplit d’intelligence, de force, et de courage.

    C’est de l’esclavage, les grands gagnants sont les banquiers. Les banquiers sont ceux qui detiennent les ficelles dans l’industrie laitiere comme ailleurs. Et permettent à certains d’etre confondu comme tel, par exemple le président d’un syndicat ayant le nom d’un petit beurre !!!!

    Les quelques agriculteurs qui sont en difficulté avec la MSA du coup n’en ont pas parlé, ou à peine, juste pour dire que la MSA les mettait en liquidation. Mais par pudeur sans doute eux qui ont des arriérés à la MSA ne le disent pas, puisque cela veut dire que le bilan était bon… Tabou de l’argent, le serpent qui se mord la queue.

    Nous avions, à mon grand regret, devant nous des morts en sursis. En arrivant en retraite, la banque raflera les terres, et tout le reste. Les laissant ruinés, pauvres ou pendus si ce n’est pas déjà fait. Le banquier lui, ce jour là, sera à la fête et ouvrira le champagne, d’un simple geste du petit doigt, qu’il n’aura pas bouger tout au long de sa carrière !!!

    La bourse en baisse, les paysans dans la rue, les independants saignés comme des veaux, les salariés chargés de taxes sociales, les classes moyennes imposés au confiscatoire, les chomeurs à la pauvreté, les retraites de nos aniens qui fondent comme neige au soleil, les magistrats qui condamnent sans juger, les politiques (à la solde) qui ne font rien (pléonasme), et le président qui roule en scooter…

    Douce France Révolte toi !!!!

    Jean-Michel Le Bot

    liquidation

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